samedi 16 juin 2018

L'ÉTÉ DES BOUQUINS SOLIDAIRES A 15 ANS !




L'opération démarre le 21 juin avec la date officielle de la belle saison estivale.
Mais cette année encore, beaucoup ne partiront pas, 1 enfant sur 3 précisément. C'est un nombre considérable et qui de plus s'aggrave.
En effet, une récente enquête de l'INSEE nous informe qu'en 7 ans, dans notre pays, le patrimoine des 10 % les plus pauvres a diminué de 31 %…
Alors les bonheurs de la mer, cet été, ça ne sera pas pour tout le monde.

Le Secours populaire français poursuit sa grande opération emblématique des Oubliés des vacances apportant ici des journées de plein air, là des séjours plus longs dans des familles d'accueil ou des centres de vacances de villes et comités d'entreprise partenaires, ou plus simplement des sorties, du sport ou des spectacles.

Il y a 15 ans, Rue du monde a décidé d'apporter sa petite goutte d'encre multicolore à l'océan de lecture dont les enfants ont aussi besoin pour s'épanouir. Histoire d'essayer d'agir en cohérence avec ce que disent ses livres… Ainsi, chaque année, la maison publie 3 ou 4 ouvrages, le premier jour de l'été pour accompagner son opération : chaque fois que deux livres sont vendus, un livre est offert à un enfant « oublié des vacances ».

L'objectif est d'atteindre 5000 livres, ce qui correspond au nombre d'enfants de la région parisienne qui vont, fin août, passer une journée sur une plage de Normandie avec le Secours populaire.

Une très belle journée, une goutte d'eau sûrement dans l'océan des besoins des enfants les plus pauvres du pays, mais une goutte revigorante qui ramène du bonheur, de l'espoir et des tas de petits souvenirs à raconter en classe au retour à 5 000 enfants, comme ceux qui ont eu la chance de partir.

Le livre offert par Rue du monde, dans bien des cas, sera le premier bel album que l'enfant pourra garder dans sa chambre, pas besoin de le rapporter à la bibliothèque celui-là !

Ici, avec les croquis de Zaü, nous vous racontons comment se déroule cette journée exceptionnelle

Éditions Rue du Monde
photo : Joël Lumien / SPF


Les articles à propos de L'été des bouquins solidaires 2018 : ici

L'ÉTÉ DES BOUQUINS SOLIDAIRES : Comment se passe la journée des oubliés des vacances ? (extrait du carnet de croquis de Zaü)



La journée commence très tôt, en de nombreux points de la région parisienne. À 6 h30, les cars commencent à se remplir. Des mamans hésitent encore à lâcher leurs enfants. Les bénévoles du Secours populaire ( SPF) qui accompagnent le voyage ont souvent travaillé à créer des liens en amont avec les familles en difficultés. Ils ont travaillé à convaincre, rassurer et donner envie en parlant d'amitié et de châteaux de sable.

Dans le car, on fait timidement connaissance, en essayant la casquette des Copains du monde et le T-shirt du SPF ; à chaque département sa couleur pour ne pas se perdre…

Puis c'est l'autoroute, la première pause, les biscuits, le jus de fruits… ce n'est que le début d'une journée de gourmandises, d'une grande vague de petits cadeaux et de découvertes…

Il y a même les motards de la gendarmerie qui escortent le ballet des autocars jusqu'à la plage.

Et là, Julien Lauprêtre, président du SPF, arrivé avant tout le monde, salue les enfants à leur arrivée.

30 minutes plus tard, la plage est remplie ! 5 000 enfants bronzent sous un ciel gris. Sûrement que si tous soufflaient ensemble dans la même direction, les nuages s'éloigneraient, invitant le soleil à se baigner lui aussi. C'est si bon de s'éclabousser et de vérifier si c'est vrai que la mer est plus salée que la soupe. Ah ! Ça y est, le soleil aujourd'hui a décidé d'être solidaire : il pique une tête au beau milieu de l'après-midi.

Mais il n'y a pas que les plaisirs de la baignade. Il y a, ici, une batucada brésilienne, là, des jeux scientifiques, les paniers pique-nique, les crèmes solaires et les lunettes offertes par des partenaires… Puis, après le bain, tout le long de la plage, de nombreuses tables couvertes de livres de Rue du monde, une centaine de titres différents pour tous les âges, des grands classiques de la maison aux toutes dernières nouveautés…

On y va par petits groupes de 8, on touche, on lit les quatrièmes de couvertures. On a envie de prendre le même livre que la copine tout en sachant que c'est un peu bête. On s'applique à choisir, ce sera parfois le premier bel album que l'enfant installera dans sa chambre. Et puis ce n'est pas un livre comme ceux de l'école, celui-ci vient de la plage, un peu de sable entre les pages, un livre qui ne sent pas la difficulté, la notation ou l'échec parfois. C'est l'occasion de découvrir que lire n'est pas qu'un apprentissage, qu'une épreuve, mais aussi un petit bonheur. Dans le car du retour, on le lit comme on veut, à l'endroit ou à l'envers, seul ou à deux. Et on peut même écrire son nom à l'intérieur comme dans un blouson tout neuf.

Merci aux 400 libraires qui relaient l'ÉTÉ DES BOUQUINS SOLIDAIRES et permettent à l'initiative d'avoir cette ampleur. Merci aux 10 000 acheteurs des livres de Rue du monde qui aident la maison à offrir ce voyage culturel à bord de nos petits bateaux de papier.

Et surtout, un grand merci aux 800 bénévoles du Secours populaire qui rendent cette journée possible.

Alain Serres









Les articles à propos de L'été des bouquins solidaires 2018 : ici


Entretien avec Alain Serres, directeur de Rue du monde - une interview par la Librairie Jean-Jacques Rousseau




La maison d’édition d’Alain Serres ne se trouve pas au centre de Paris mais en banlieue, à Voisins-le-Bretonneux, dans Les Yvelines. C’est une maisonnette aux volets verts, avec une petite cour à l’arrière, qui abrite un olivier. 

Dans la maison d’Alain Serres, sise rue du Monde, la suractivité est permanente, ambitieuse, enthousiaste, consciencieuse et productive… Aussi quand on tient dans ses mains un livre des éditions Rue du Monde, on perçoit immédiatement le soin apporté à sa création, qu’il soit question du choix des textes et des sujets abordés, des illustrations, des formats des ouvrages ou du papier. Et c’est parce que ses livres parlent vraiment aux enfants et les considèrent comme de véritables personnes que nous avons invité Alain Serres lors de la dernière Quinzaine des Librairies Spécialisées jeunesse. Et que nous avons eu très envie de partager avec vous ce que, à cette occasion, il nous a raconté de sa propre histoire, de celle de sa maison d’édition, et de sa vision de livres jeunesse qui seraient aux enfants ce que sont les ailes aux oiseaux.

SEVERINE GADIER: Votre maison marche sur sa dix-huitième année. Revenons un peu sur ses origines, sur votre parcours…
ALAIN SERRES: J’ai grandi entre Pyrénées et océan Atlantique, dans une famille modeste, mais jamais désespérée. Et comme l’école ne m’était pas antipathique, je suis devenu enseignant, rêveur et optimiste. Me voilà donc propulsé, à vingt ans, dans une grande cité de Mantes-la-Jolie, au Val-Fourré! J’ai été d’emblée confronté à toutes les questions qui me taraudent toujours aujourd’hui: autour du partage équitable de l’accès au plaisir de lire et à la culture, par exemple. Sur le rôle émancipateur de la lecture ou sur celui du lecteur, créateur de sa propre lecture. Mais aussi sur les injustices ou le racisme. Au moment où je découvrais les enfants de ces quartiers défavorisés, le livre jeunesse bouillonnait ; des problématiques nouvelles étaient enfin abordées, des rapports texte/image bouleversaient les routines… Tout cela m’a passionné.

Ce bouillonnement a stimulé votre désir d’écrire?
Il l’a même déclenché! Je reconnaissais dans ce mouvement beaucoup de mes envies de refaire le monde en vrai, ou tout au moins de profondément le repenser. J’ai tenté d’y apporter ma goutte d’encre. J’ai donc écrit mes premières histoires pour les enfants de ma classe de petits; un homme en maternelle, c’était rarissime en 1978 (mais sûrement plus simple que d’être une femme dans la métallurgie!). Et j’ai eu la chance que des éditeurs aient très vite eu envie de les publier. Précisément Pierre Marchand, chez Gallimard Jeunesse et les éditions La Farandole. C’était il y a un peu plus de trente ans. Voilà comment les étincelles de la littérature jeunesse ont mis le feu à ma créativité. Et si Rue du Monde existe aujourd’hui, c’est parce que tout ce chemin-là a existé au préalable et que j’ai pu aussi voyager, parcourir le monde avec une absolue gourmandise. Sinon, je ne ferais pas les livres que nous publions aujourd’hui. Et notre Rue ne serait jamais venue au monde!

Et le passage à l’édition?
Rue du Monde n’est ni un projet de start-up ni un concept livré clés en main par les anges du marketing. Ce n’est qu’un long chemin qui a fini par m’imposer cette idée! Ainsi, après une cinquantaine de livres, publiés chez mes premiers éditeurs puis chez Syros, Casterman, Pastel, Albin Michel… Cheyne bien sûr, j’ai constaté que le monde de l’édition commençait à trembler sévèrement sous l’appétit des grands groupes. J’ai alors commencé à rêver un espace éditorial indépendant, peuplé des livres qui correspondaient à la vision que j’avais de l’enfant, une personne que l’on devrait beaucoup plus considérer comme un être social à part entière. Une personne en construction (comme d’ailleurs le sont aussi les adultes) avec laquelle on peut partager la complexité de nos vies, partager le pouvoir d’imaginer, de créer, de percevoir poétiquement les réalités du monde.

Mais comment avez-vous pu publier les premiers livres?
Sans moyens, j’ai dû imaginer… un autre moyen! En 1996, j’ai donc proposé une formule de préachat des premiers livres, une sorte de crowdfunding avant l'heure. Mille «abonnés» ont reçu nos quatre premiers titres. Ce démarrage original s’est fait en accord avec l’Association des libraires spécialisés jeunesse, qui ont été les seuls à diffuser les tout premiers livres de Rue du Monde, avant que nous trouvions un diffuseur, Harmonia Mundi. L’année suivante nous avons pu passer à la vitesse supérieure: la présence de nos livres dans toutes les librairies du pays. C’est toujours avec une réelle émotion que je rencontre des bibliothécaires ou des enseignants qui ont souscrit à l’époque pour donner vie à nos premiers ouvrages, c’est-à-dire à la maison d’édition.

Quelle est la réalité d’une maison indépendante aujourd’hui?
On ne parle pas assez avec les parents ou les enseignants de nos lecteurs des réalités économiques de la chaîne du livre. D’ailleurs souvent les acteurs eux-mêmes de cette chaîne, auteurs, illustrateurs, éditeurs, papetiers, imprimeurs, façonniers, ont des représentations erronées concernant les autres «maillons». Je crois que la crise ne doit pas nous faire perdre de vue la question essentielle qu’il nous faut affronter ensemble: pourquoi et comment faire pour qu’il y ait davantage de livres dans davantage de mains? Il le faut parce que c’est d’abord un enjeu démocratique clé: lire est un garde-fou contre la haine et l’ignorance, un stimulateur déterminant pour l’esprit critique d’un pays … Or, les libraires indépendants en souffrent gravement. De leur côté, des éditeurs limitent leurs audaces et, pour les plus petits, la ligne rouge menace. De nombreux imprimeurs ou relieurs battent aussi de l’aile ou disparaissent parce que le niveau des tirages baisse nettement et les commandes se délocalisent… Quant aux auteurs et illustrateurs, beaucoup vivent mal et voient leurs titres très vite disparaître des catalogues. C'est inquiétant.

Vous pensez que ce repli n’est pas une fatalité?
Quand seulement 12 % des Français fréquentent une bibliothèque, que près de la moitié de nos concitoyens n’achète pas un seul livre de l’année, on se dit que le monde du livre, chacun de ses maillons, aurait beaucoup à gagner d’un grand projet national autour de la lecture. A-t-on d’autres choix possibles? Et puis nous attendons toujours une formation tonique des enseignants sur le livre, des moyens pour l’école et les associations afin que les enfants soient, tous et très tôt, des bébés-nageurs dans des piscines de lettres et d’images!

Face à cette crise, comment la Rue du Monde poursuit-elle son chemin?
Nous faisons beaucoup d’efforts: pour imprimer en France, dans des conditions écologiques optimales, pour ne pilonner aucun livre, garantir leur disponibilité au fil des années et pour garder toutes nos ambitions éditoriales… Mais jusqu’à quand? Heureusement, nous avons quelques très beaux succès à Rue du Monde, et c’est ainsi que nous réussissons à maintenir nos équilibres et nos programmes. Grâce surtout au soutien très actif des militants de la lecture et des professionnels du livre et de l'éducaton. Sans ces relais, Rue du Monde n’existerait plus depuis longtemps!

Rue du Monde «existe» aussi à l’étranger?
Notre parcours commence à faire briller les yeux d’autres éditeurs, loin d’ici parfois. Ainsi quand Terrible, album illustré par Bruno Heitz épinglant les papas machos, équipe désormais les écoles du Mexique, et sort en plus dans une petite maison audacieuse… en Iran! notre travail prend du sens et de l’ampleur. Certains éditeurs, à Taïwan ou au Brésil, au Portugal ou en Chine, voient qu’il est possible de faire de tels livres, alors ils essaient de s’y atteler. Il n’y aura bientôt plus que les médias français qui n’auront pas compris la vitalité du livre jeunesse dans notre pays!

S’engager c’est bien sûr renoncer à une position de spectateur du monde. Votre catalogue est pour nous comme une marmite de créativité et d’originalité, comment travaillez-vous avec les auteurs et les illustrateurs?
Nous sommes vigilants pour mener des projets, certes porteurs d’une parole humaniste, mais qui soient d’abord d’authentiques productions littéraires et artistiques. Et notre engagement, il est d’abord celui-là: avoir une visée haute de l’enfance, une vision ambitieuse de la place d’un enfant dans le monde d’aujourd’hui, et de ce qu’un artiste authentique peut partager avec lui.
Avec les auteurs et illustrateurs, nous travaillons beaucoup. Dès que le chantier d’un livre est ouvert, c’est comme un match de ping-pong, des échanges riches, des allers-retours nombreux. Avec un seul vainqueur : le livre ! Et plus le texte d’un livre est bref, plus il mérite de soin, de questionnements… parfois jusqu’à la dernière minute, avant le départ chez l’imprimeur.

Recevez-vous beaucoup de projets?
Nous devons en recevoir entre mille cinq cents et deux mille chaque année (nous publions trente livres environ!). Beaucoup de ces projets nous tombent des mains car ils font la leçon aux enfants. Ce sont souvent des livres d’un autre siècle ou parfois, pire encore, comme une thérapie pour leur auteur… Et puis une découverte arrive, un nouvel auteur (trop rare!), un jeune illustrateur… Mais nous sommes aussi très souvent déclencheurs d’idées de livres ou bien nous rebondissons sur une image vue dans un atelier d'illustrateur ou une esquisse qui allait partir à la corbeille. Je me demande comment nous allons pouvoir réaliser tous les beaux livres qui galopent dans nos têtes !

Vous apportez beaucoup de soin à la fabrication du livre, de sa conception au choix du papier, en passant par l’impression, c’est devenu rare une telle maîtrise?
Nous apportons en effet de l’attention à chaque détail, le format en harmonie avec le projet, le toucher du papier, un grammage substantiel, une photogravure juste… Cela, ajouté à la fabrication française, donne parfois des livres plus chers que ceux de nos confrères. Si on a pu s’autoriser ces exigences, cette éthique, dès le début de Rue du Monde, c’est sûrement parce qu’il y a, en France, un réseau très dense de lecture publique et qu'il existe de nombreuses bibliothèques d’école. Ainsi nos livres peuvent arriver dans presque toutes les mains, même les moins fortunées. Globalement, le livre jeunesse français présente une production de grande qualité. Il est une magnifique vitrine de la vie culturelle du pays. Beaucoup nous envient.

Propos recueillis par la Librairie Jean-Jacques Rousseau à Chambéry - 2013, mise à jour : 2018




Alain Serres croqué par Zaü, en 2013, sur la plage de Cabourg lors de la Journée des oubliés des vacances organisée par le Secours Populaire, pendant laquelle, comme chaque année, Rue du Monde a offert 5000 livres aux enfants qui bénéficiaient de cette bienheureuse virée au bord de la mer (lire les  articles à propos de L'été des bouquins solidaires 2018 : ici)

4 titres pour accompagner l'ÉTÉ DES BOUQUINS SOLIDAIRES 2018 (1)

Deux recueils de contes présentés ci-dessous, et deux autres livres tournés vers la nature présentés là



Les contes à la coque
52 contes brefs à mijoter, tartiner et savourer les yeux fermés 
Alain Serres / Zaü
Un plein panier d’histoires appétissantes à la veille des vacances d’été… Et vous avez même le temps de lire un conte pendant la cuisson de votre œuf à la coque !
Pas de cuisine roborative dans ce recueil mais un buffet de mini-contes à picorer allègrement.
Des textes brefs aux mille saveurs du monde, comme autant de bouchées parfumées, de verrines aux épices, de petits toasts aux traditions culinaires des cinq continents.
52 contes, que les peuples cuisinent. De la soupe de poisson du mendiant chilien au chocolat de la vieille Aztèque, des herbes fraîches de la jardinière marocaine à la vaisselle de porcelaine dans un triste lac de Chine, ce n’est pas qu’un plat que l’on partage dans ce recueil gourmand, mais aussi de la convivialité, de la solidarité sous une petite louche de malice et quelques pépites d’humour.
De ses voyages, Alain Serres aime rapporter des mets et des mots, comme ces contes qu’il a imaginés en regardant vivre les humains des quatre coins du monde et en mangeant à leur table. Zaü, lui, remplit son sac de silhouettes et de couleurs.
Bon appétit et bon voyage.




La grande chevauchée
Patrick Fischmann / Bruno Pilorget
Voici une cavalcade de contes qui célèbrent le cheval, compagnon fidèle et serviteur de tous les peuples du monde.
Nous galopons ainsi de la Chine à l’Afghanistan, de la Mongolie aux pays du Maghreb en passant par les territoires indiens d’Amérique du Nord ou les prairies bretonnes, aux côtés de chevaux fascinants. Nous traversons avec eux vingt-deux récits épiques ou merveilleux, mais toujours émouvants parce que la relation entre les humains et les chevaux n’est jamais anodine. Ces contes, souvent issus de traditions orales, ont été réunis par Patrick Fischmann, qui nous les transmet ici, à sa manière, dans sa langue de grand conteur voyageur.
Fragile poulain ou robuste mustang, chaque animal de ce recueil nous parle d’humanité, d’amour, de courage, de sagesse et parfois même d’évasion féerique, quand c’est la licorne qui rejoint le troupeau… Les images somptueuses de Bruno Pilorget contribuent amplement au voyage.

4 titres pour accompagner l'ÉTÉ DES BOUQUINS SOLIDAIRES 2018 (2)

Deux livres tournés vers la nature  présentés ci-dessous et deux recueils de contes présentés là.



Éric Battut
Et si nous apprenions, dès le plus jeune âge, à changer notre relation au monde animal ?
Ce malheureux vétérinaire a beau user de tous ses talents, prescrire sirops et comprimés, rien n’y fait : les animaux du zoo sont tous malades de la nostalgie de leur terre d’origine. Dans de grandes bulles au-dessus de leurs cages, on peut lire leurs envies de glace fraîche pour l’ours polaire et de savane tiède pour le vieux lion…
Avec ses peintures toniques, Éric Battut nous raconte l’histoire de ce vétérinaire audacieux qui décide, un matin, de libérer tous les pensionnaires du zoo. Mais en les suivant, nous découvrons que les paysages naturels ont bien changé… Partout pollution, puits, constructions ou incendies causés par les changements climatiques mènent la vie dure à la nature. Et aucun des animaux de retour au pays n’a envie d’y rester !
Heureusement que, dans l’immense hamac où ils se réfugient, animaux, vétérinaire et même gardien du zoo déboussolé retrouvent espoir en essayant de refaire le monde ensemble, notamment pour repenser les relations entre les humains et les animaux… On commence demain ?




Cherchez la petite bête
Alain Boudet / Solenn Larnicol
Un livre pour tout savoir sur les petites bestioles du quotidien, en touches poétiques, scientifiques et en aquarelles… alors que 80 % des insectes ont disparu en 30 ans !
Voici un livre qui chante la nature à deux voix ! Il propose tout à la fois un documentaire qui observe de près une quarantaine de petites bestioles, essentiellement des insectes et, dans le même temps, un regard poétique sur ces mêmes animaux au travers de 40 poèmes courts. Les informations brèves et concises disent l’essentiel mais les poèmes, faciles à mémoriser, sont tout aussi nécessaires pour approcher le vivant ! Et si aimer la nature, c’était à la fois savoir qu’un grillon est un orthoptère, qu’il y en a 5 000 espèces à travers le monde, mais aussi être sensible à sa musique « le soir tombant, sous la grille de l’ombre que les arbres font pour lui » ?
Ainsi suit-on, entre connaissance et perception, la sauterelle dans ses bonds, l’escargot dans sa lenteur, l’éphémère en son bref instant… Et, au cœur de ces regards croisés, les aquarelles de Solenn Larnicol font le pont entre documentation et envol poétique, avec transparence et légèreté.
Pour chaque petite bête, sa classification, sa taille, son habitat… et une anecdote, souvent réjouissante, toujours surprenante !