lundi 28 juillet 2014

Camille et Jeanne s’entendent bien - lu par la librairie Croquelinottes de Saint-Etienne




Vous remplacez les prénoms Camille et Jeanne par les prénoms de deux cousines de votre entourage enfantin. Si elles se côtoient très régulièrement depuis leur plus tendre enfance, si elles ont à peu près le même âge, il y a de fortes chances que, comme Camille et Jeanne, elles s’entendent bien. Dans cette mesure, il y a de fortes chances qu’elles aient créé un univers, un langage, des jeux, une logique que vous soupçonnez mais dans laquelle vous n’entrez pas. Camille et Jeanne, c’est nous, mes sœurs et moi, c’est ma fille avec ma nièce, ce sont les deux voisines, les filles de ces deux couples d’amis. Il y a de fortes chances pour que vous vous y retrouviez aussi.

Parfois, on entend des bribes de conversation complices entre enfants, on passe à côté, il arrive qu’on soupçonne quelque chose de très drôle. Certaines personnes sont plus à même de les apprécier. Laurent Simon doit être de ces personnes qui comprennent ces échanges, sont même capables d’entrer dans la logique, en saisissent l’intérêt, et la beauté. L’auteur-illustrateur a vu, vécu, entendu ces moments d’immense complicité, il a le talent de sortir par les mots et le dessin le résultat de ses observations. Son album pointe du doigt la saveur de ce quotidien qu’on passe avec les enfants avec une tendance à le survoler.

Que fait-on avec sa cousine complice ? Comme Camille et Jeanne dans ces huit courts récits de six planches, on met une robe qui tourne, on prend le bus, on va dormir, on prend son bain ! Le bain… moment de complicité par excellence. Camille et Jeanne, sans jamais se laisser distraire par la main adulte qui les frotte, les savonne, les rince, les essuie, inventent un jeu de marchande dans laquelle les ingrédients finissent par sortir de leur imagination, et c’est un bonheur de langage !

À la lecture de ces planches, on rit, on est ému, on nostalgie. On nostalgie de son enfance, de celle de ses propres enfants. Nul ne guérit de son enfance, mais quand elle ressemble à celle de Camille et Jeanne, c’est tant mieux.

ClaireD, librairie Croquelinottes de Saint Etienne

Camille et Jeanne s’entendent bien, 
Laurent Simon, 
Hélium