vendredi 24 avril 2015

Rares sont les albums sur la pauvreté: Pablo trouve un trésor , d'A. Poulin et I. Malenfant - lu par la libraire Comptines

Chaque jour, Pablo et sa grande sœur Sofia escaladent la montagne de déchets qui se trouve non loin du bidonville dans lequel ils habitent. Les pieds dans les ordures, ils bravent la saleté du lieu et la méchanceté de ceux qui se comportent en maitres des ordures et rançonnent les enfants. De leur récolte dépend la survie de leur famille. Un trésor – aussi modeste soit-il – a le pouvoir d’améliorer l’ordinaire et de faire rêver les enfants.

Au milieu des images grises de la décharges et du bidonville, Pablo, Sofia, et le chien qui les accompagne, sont les seules tâches de couleur, avec ici et là, dans le monceau d’immondices, quelques reflets colorés qui sont autant de promesses et peut-être même des trésors. Leurs rêves de poulet, de bonbons au miel, de glace… aussi sont colorés mais leur univers reste saturé de gris.

Rares sont les albums sur la pauvreté et celui-ci est, à ce titre, remarquable. Parce qu’il peut se lire comme l’histoire d’une aventure pleine de dangers, il peut permettre d’aborder utilement ce sujet avec des enfants qui seront surement surpris de découvrir que pour Pablo et Sofia un livre est un trésor…

Ariane Tapinos, librairie Comptines à Bordeaux
Pablo trouve un trésor - Auteure: Andrée Poulin, Illustration: Isabelle Malenfant - Éd. Les 400 coups, coll. Carré blanc - Date de parution: mai 2014

Sur le blog d'Andrée Poulin :

« C’est une histoire qui parle de crasse.



C’est une histoire qui parle de cruauté.


C'est aussi une histoire qui parle de joie.


C'est aussi une histoire qui parle d'espoir.


Cette histoire, j’ai médité longtemps avant de l’écrire.
J’ai ensuite retravaillé longuement le texte.
J’ai pesé soigneusement chaque mot.
Car je voulais montrer la crasse, les bobos et la pauvreté sans avoir l’air de dire : "Regardez la crasse et les bobos de ces pôvres pauvres!"
Car je voulais parler de misère sans tomber dans le misérabilisme.
Car je voulais susciter l’indignation sans tomber dans la manipulation.
»

(lire l'intégralité ici)