lundi 12 octobre 2015

Il était un jour Scrineo - une interview de Jean-Paul Arif par la librairie Chantepages

Jean-Paul Arif a confié à l’auteur Arthur Ténor la direction de sa nouvelle collection pour adolescents, Il était un jour. Avant de nous la présenter, il évoque son parcours, comment il est passé du management d’une filiale d’Airbus à l’édition de romans d’écrivains français, en passant par la création, en 2013, de la revue L’Éléphant

CLAIRE FONTANEL: Comment l’aventure Scrineo a-t-elle commencé?
JEAN-PAUL ARIF: L’édition est une deuxième vie pour moi. Ingénieur de formation, je dirigeais une filiale d’Airbus quand j’ai décidé d’opérer un changement radical dans ma vie professionnelle. J’ai créé les éditions Scrineo, avec une première réalisation multimédia: un jeu de piste sur téléphone, Via Temporis, assez innovant pour un produit sorti avant l’ère des smartphones. Dès 2006, nous publiions aussi nos premiers livres papier, des essais et documents. Du numérique nous sommes passés au papier: nous avons suivi le chemin inverse de la tendance actuelle (il faut dire que le papier présente encore quelques avantages technologiques!) En 2010, nous avons lancé nos premières fictions, notamment des romans pour adolescents et des thrillers. Petit à petit nous avons étendu nos publications aux plus jeunes avec des romans davantage ancrés dans le quotidien comme F.B.I. Animaux disparus, de Gérard Lecas, Les Avatars de Gaspard, de Sylvain Lignac et Louise Revoyre, mais aussi avec des romans historiques comme Les Yeux du jaguar de Brigitte Coppin, qui a obtenu le Prix Dimoitou/Ouest-France en 2014 – beaucoup de nos livres ont reçu des prix prestigieux, comme Les Haut Conteurs, Le Puits des mémoires, et récemment La Voie des Oracles. Nous restons cependant un éditeur généraliste; cette volonté nous permet de rester libres dans le choix des textes, et exigeants en terme qualité sans être prisonniers d’un genre en particulier.

La littérature jeunesse est aujourd’hui un pôle important de votre maison. Vous semblez être attaché à mettre en avant des auteurs français, un choix qui n’est pas anodin dans une logique d’édition souvent tournée vers la traduction d’auteurs anglophones, pourquoi ce choix?
Nous sommes fiers de pouvoir dire que nous avons été des «découvreurs d’auteurs», avec Olivier Peru, Patrick Mc Spare, Marie Pavlenko, Gabriel Katz, Frédéric Staniland, Rod Marty, etc. qui ont publié chez nous leur premier roman. Puis ils ont été rejoints par des auteurs plus confirmés ce qui a consolidé notre place dans l’édition jeunesse. Si nous avons fait le choix de ne publier que des auteurs français, c’est que nous aimons découvrir et développer les auteurs et nous sommes très heureux lorsque nous pouvons les faire rayonner à l’international comme Les Hauts Conteurs de Patrick Mc Spare et Oliver Peru que nous avons vendu en Chine, ou Wifi-Génie, de Luc Blanvillain, vendu en Corée. Mais c’est un choix difficile car sur le marché des livres pour ados on est souvent face à des auteurs américains, déjà auréolés de succès et adaptés au cinéma, etc. C’est une mécanique contre laquelle nous ne pouvons rivaliser qui se met en place! Nous restons pourtant convaincus que les auteurs français ont une particularité, une french touch qui donne une dimension particulière aux romans de genre que ce soit en fantasy ou en jeunesse.

Vous éditez aujourd’hui une nouvelle collection, Il était un jour, dirigée par Arthur Ténor, pouvez-vous nous en dire plus?
Arthur Ténor est une très belle rencontre. Il a commencé chez nous comme auteur puis il m’a proposé d’être directeur de collection. Nous avons lancé la collection Roman d’Horreur, dans laquelle il écrit aussi, et que nous avons ouvert à de nouveaux auteurs (Fabien Clavel, Johan Heliot, Nadia Coste, etc.). Puis il a eu l’idée de cette nouvelle collection: des romans d’aventures sur des personnages de l’Histoire, inaugurée par des auteurs exceptionnels et des sujets très originaux, avec un fond historique très documenté: Lorris Murail raconte un épisode peu connu de la vie de la Comtesse de Ségur, Béatrice Bottet a écrit l’histoire de Toutankhamon, Yaël Hassan relate l’histoire véridique des enfants Finaly ballotés, déguisés et enfermés pendant huit longues années après la seconde guerre mondiale, enfin Éric Simard nous raconte l’histoire du onzième Panchen Lama, kidnappé dans les années 90 par les autorités chinoises et dont aujourd’hui encore, nul ne sait ce que ce plus jeune prisonnier politique du monde est devenu…

Propos recueillis par Claire Fontanel, librairie Chantepages à Tulle

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