samedi 3 septembre 2016

Lorris Murail : «Le véritable héros, c’est Louis Pasteur»


Quand Joseph Meister fut sauvé par Pasteur
, un roman de Lorris Murail, publié aux éditions Scrinéo: Joseph Meister, jeune Alsacien de dix ans à peine, est attaqué par un chien. Nous sommes en 1885. En cette fin de 19e siècle, la rage fait peur, toujours peur. Les cas ne sont pas très nombreux, mais une fois déclarée, la maladie est sans remède. Affolée, la mère du garçon décide de l’emmener à Paris, ayant entendu parler d’un certain chimiste qui fait des expériences sur les animaux malades de la rage. Non sans mal, elle parvient à dénicher ce Louis Pasteur là où il poursuit ses recherches, à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Le savant se montre hésitant, réticent. Constatant la gravité des morsures, deux médecins de son entourage vont le convaincre de tenter pour la première fois d’appliquer son extravagante méthode sur un être humain. Lire un extrait.

Lorris Murail: «Joseph Meister est pour moi un souvenir d’écolier. Un héros de dix ans à peine, on n’en trouve pas à toutes les pages dans les livres d’histoire. Pourtant, ce petit Alsacien n’a rien fait pour mériter son statut. Le pauvre Joseph, après tout, n’est qu’une victime. Le véritable héros, c’est Louis Pasteur. Quand Mme Meister pousse la porte du laboratoire de la rue d’Ulm, accompagnée de son fils couvert de plaies infligées par un chien enragé, le savant chimiste n’est pas prêt. Depuis des mois, il expérimente sur des animaux son vaccin contre la rage. Mais, au moment d’envisager l’application de sa méthode sur un être humain, un enfant, il tremble. Pasteur n’est pas médecin. Pasteur a de nombreux ennemis dans le monde médical. Il sait ce qu’il risque en cas d’échec. Mais il sait aussi qu’un succès ouvrira pour la science une voie nouvelle susceptible de transformer la fragile condition humaine. Cent trente années se sont écoulées depuis ce jour historique, au cours desquelles des milliards d’hommes et de femmes ont été vaccinés contre des maux de toutes sortes. Critiqué, calomnié, Louis Pasteur demeure pour la plupart une figure intouchable. Le héros, c’est bien lui.»