samedi 29 octobre 2016

«Comme je ne suis pas jardinier mais écrivain…», par Philippe Nessmann, auteur de Le village aux mille roses (Flammarion jeunesse)


«Après les attentats du 13 novembre 2015, j’ai ressenti le besoin d’écrire ce petit conte pour mes enfants.
L’idée de parler de roses pour évoquer les origines du mal m’est venue par hasard.
En lisant dans les journaux la vie brisée des cent trente victimes décédées, j’ai été particulièrement touché par l’une d’elle.
Ariane Theiller avait 24 ans lorsqu’elle a été assassinée au Bataclan.
Je ne la connaissais pas personnellement, et pourtant elle me semblait proche.
D’abord parce que, passionnée de livres, elle avait fait un stage chez Flammarion Jeunesse, mon éditeur historique.
Ensuite parce qu’au moment de son décès, elle travaillait pour Rustica, une revue de jardinage où travaille mon frère.
Lorsque le site de Rustica a annoncé la disparition d’Ariane, un internaute a suggéré de baptiser une rose à son nom.
La rose Ariane.
J’ai trouvé l’idée très belle.
Et comme je ne suis pas jardinier mais écrivain, j’ai imaginé cette histoire de roses, où le fanatisme mène à la tyrannie et où le salut vient de la diversité.
Si, un jour, un vieux jardinier parvient à créer un rosier multicolore, j’espère qu’il donnera à ce rosier porteur d’espoir le nom d’Ariane, en hommage aux victimes du terrorisme et de la barbarie.

Philippe Nessmann