dimanche 20 novembre 2016

S’unir c’est se mélanger - une interview de Laurent CARDON (en dédicace le 26 novembre à la Librairie Sorcière Le Liseron à Mulhouse)



Très connu au Brésil, où il vit depuis vingt ans, l’illustrateur Laurent Cardon commence à publier en France, chez un éditeur alsacien: Le Père Fouettard. Il sera en dédicace à la Librairie Sorcière Le Liseron de Mulhouse le samedi 26 novembre de 10h30 à 12h

GÉRALDINE BENNAFOUS: Pourquoi un illustrateur français s’installe-t-il au Brésil?
LAURENT CARDON: Tout commence pour moi par une formation à l’animation à l'École des Gobelins à Paris, qui m’a amené à travailler dans plusieurs studios en France puis à l’étranger. Par exemple en Corée, où en tant que directeur d’animation, j’ai supervisé la création de la série Tintin en dessins animés. J’ai collaboré au développement des personnages et aux décors. Cette série a d’ailleurs été envoyée plus tard en France! Après l’Asie, les États-Unis, j’ai décidé de m’installer au Brésil et j’ai choisi Sao Polo, c’était en 1995. J’ai été sollicité pour illustrer un livre adulte et de fil en aiguille je suis passé de l’animation à l’illustration jeunesse qui, aujourd‘hui, est devenue mon activité principale.

Comment est perçue la littérature jeunesse au Brésil?
Là-bas, le marché de l’édition jeunesse est en plein essor, le livre illustré avant tout. Contrairement à la France, on y trouve très peu de librairies, car la diffusion de ces livres est organisée par le gouvernement et leur programme éducatif. Ce sont les membres d’une commission, des universitaires pour la plupart, qui sélectionnent et achètent les livres en grand nombre et les distribuent aux bibliothèques et aux écoles. On l’appelle le PNBE, le programme national des bibliothèques d’écoles. Il s’agit bien d’albums de fiction et non de livres scolaires, qui seront lus dans les classes. Le Brésil est l’un des rares pays où l’État stimule la lecture et facilite la distribution.

Ce fonctionnement n’entraîne-t-il pas une influence chez les éditeurs?
Absolument, il y a un effet pervers. Les maisons d’édition visent les programmes du gouvernement pour être sélectionnées car ce dernier leur passe des commandes gigantesques, en moyenne cent cinquante mille exemplaires pour un titre! Une fois l’an, chaque maison d’édition propose une sélection de quinze ouvrages. Ils veillent à modifier les thèmes et alterner les domaines. Cela entraîne malheureusement beaucoup de censure, car les parutions sont de plus en plus tournées vers l’école. De plus, au Brésil, certains sujets sont tabous. Par exemple le personnage du diable ne sera jamais représenté, car le pays est très catholique. Il y a par contre des sujets récurrents comme la multi culture, la culture brésilienne et surtout indigène.

N’y a-t-il alors que ce moyen de publier des ouvrages?
Il y a quelques initiatives privées, par exemple celle de ITAU (une banque importante) qui choisit trois livres publiés dans l’année et les imprime à trois millions d’exemplaires. Ceux-là sont vendus principalement sur internet. Les journaux font aussi le relais et le bouche à oreille a également beaucoup d’impact dans ce grand pays! Le Brésil étant divisé en États, certains font aussi leur sélection indépendamment du gouvernement, ce fut le cas pour mon album Araignée sur un fil qui a été choisi pour les écoles municipales d’un seul État et tiré à soixante dix mille exemplaires! Il a été référencé par la «Fondation du Livre pour Enfants» dans une nouvelle catégorie, celle du livre d’images sans texte.

Comment trouver sa place dans ce marché du livre et en vivre?
L’ouvrage publié par Le Père Fouettard fait partie d’une série de quatre albums qui sont l’extension de story bord que j’avais écrits pour mon  propre studio graphique, dont les héros sont des bébés animaux symbolisant l’apprentissage et les valeurs. Après l’araignée, j’ai créé un caméléon qui aborde le thème de l’amitié, mais aussi un têtard qui attend sa transformation en grenouille et enfin une luciole que je vous laisserai découvrir… Je fais donc beaucoup d’animations dans les écoles, car au Brésil le livre d’images sans texte, est utilisé plus longtemps et par les enfants de plus de dix ans. Comme mes histoires sont assez humoristiques, j’arrive à intéresser les enfants même les plus récalcitrants!!!

Propos recueillis par Géraldine Bonnafous


C’est la panique au poulailler. Marcel, le coq blanc, a disparu.
Un sale coup du renard, les poules en sont persuadées.
C’en est trop, les attaques incessantes du renard sont devenues insupportables.
Les volatiles décident de riposter. Toutes les poules, les noires, les rousses et les blanches se rassemblent pour passer à l’action. Mais comment s’organiser ?
En bataillons ? Par couleur ? Par taille ? Qui se postera aux premiers rangs de la nouvelle armée des gallinacés ? Les noires peut-être, puisque leur coq s’exprime avec tant de charisme ? Hors de question pour les poules blanches, qui veulent venger la disparition de leur bien-aimé. Elles veulent passer en premier.
Et d’abord, pourquoi le commandement reviendrait-il à un mâle ?
Une histoire drôle et intelligente sur le pouvoir, la démocratie et la place de l’individu dans la société. Qui se referme sur une chute délicieusement amusante.