dimanche 15 octobre 2017

Y aura-t-il une suite à Wonder ? Oui. Mais non. Mais oui.



Extrait du prologue de Auggie et moi - Trois nouvelles de Wonder, la suite qui n'est pas une suite de Wonder, le roman de R. J. Palacio (lire l'interview de l'auteure ici)- à paraître début novembre. 


Prologue




— Y aura-t-il une suite à Wonder ? a demandé une personne dans le public.
— Non, je suis désolée, ai-je répondu, un peu gênée. Je ne crois pas que ce soit le genre de livre qui se prête à une suite. J’aime penser que les lecteurs de Wonder imagineront ce qui arrivera plus tard à Auggie Pullman et à tous les autres personnages de son petit monde.
(...) Et pourtant, me voici en train de rédiger l’avant-propos d’un livre qu’on ne peut décrire que comme un compagnon de Wonder. Alors, que s’est-il passé ?
Pour répondre à ces questions, il me faut parler un peu de Wonder. Wonder raconte l’histoire d’un garçon de dix ans nommé Auggie Pullman, né avec une anomalie craniofaciale, qui fait sa rentrée en sixième et doit s’adapter à la vie du collège Beecher. C’est à travers ses yeux qu’on suit son parcours, mais on découvre aussi le point de vue d’autres enfants dont la vie est intimement liée à celle d’Auggie. Leurs voix aident le lecteur à comprendre le chemin difficile qu’Auggie doit parcourir pour s’accepter tel qu’il est. L’histoire des enfants qui ne sont pas proches d’Auggie durant sa première année de collège, ou qui ne connaissent pas assez bien Auggie pour pouvoir nous éclairer sur sa vie, nous est restée inconnue. Car Wonder est, du début à la fin, l’histoire d’Auggie. Le récit simple et linéaire d’une existence, voilà ce à quoi je me suis astreinte.
Cela ne signifie pas pour autant que les autres personnages n’avaient rien à dire d’intéressant. Ils avaient eux aussi une histoire susceptible d’expliquer leur comportement, même si ces révélations ne concernaient pas directement Auggie. D’où ce nouveau livre.
Bref, Auggie & moi n’est pas une suite. Il ne reprend pas le fil du récit là où Wonder l’a lâché, ni ne prolonge les aventures d’Auggie Pullman au collège. D’ailleurs, Auggie n’y figure qu’en personnage secondaire. Ce texte correspond en fait à une expansion du monde d’Auggie.
(...) L’une des plus belles réussites de Wonder, c’est la fan-fiction qui en a découlé. Les professeurs le lisent en classe. Ils demandent à leurs élèves de se mettre dans la peau d’un personnage et de rédiger un chapitre sur Auggie, Summer ou Jack. J’ai lu des histoires sur Via, Justin et Miranda ; des chapitres écrits du point de vue d’Amos, de Miles et d’Henry. J’ai même lu un court chapitre rédigé du point de vue de Daisy !
Mais les histoires les plus touchantes concernaient Auggie lui-même. (...) Que les lecteurs de Wonder se sentent assez proches de lui pour imaginer ce que sera sa vie, voilà qui m’émerveille. Ils savent que ce n’est pas parce que j’ai choisi de terminer le livre sur une journée de bonheur qu’Auggie sera heureux tous les jours de sa vie. Il aura certainement à faire face à beaucoup d’autres épreuves.
(...) Elisabeth Kübler-Ross a écrit : « À ma connaissance, la seule chose ayant un véritable pouvoir de guérison est l’amour inconditionnel. » C’est sans doute pourquoi Auggie ne succombera jamais aux blessures infligées par les mots durs des passants ni par les choix de ses amis. Et beaucoup prendront sa défense quand il en aura besoin. En somme, les lecteurs de Wonder savent que ce n’est pas ce qui arrive à Auggie Pullman qui compte le plus, mais ce qui arrive au monde autour de lui.
Ce qui nous ramène à Auggie & moi, ou plus exactement aux trois nouvelles qui le composent.
Lorsqu’on m’a proposé d’écrire ces annexes de Wonder, j’ai sauté sur l’occasion, surtout pour plaider la cause de Julian, détesté par les fans de Wonder. On trouve même sur Google cette expression : Keep calm and don’t be a Julian (« Gardez
votre calme, ne faites pas votre Julian »).

Auggie et moi
R.J. Palacio
PKJ.
À paraître début novembre


Wonder
R. J. Palacio
PKJ.